Ce qui sort de l'atelier, et ce qui n'en sort pas

Depuis 2008, l'atelier du 69 avenue Carnot garde la trace de ce qui a été livré, repris ou refusé. Voici des résultats mesurés, avec leurs dates et leurs limites.

4services décrits
18ans d'activité

Meubles livrés entre 2021 et 2024

214 pièces libres sont sorties de l'atelier entre 2021 et 2024 : bibliothèques, caissons, établis, bancs, cadres. Anaïs Martin tient le registre des sorties et le met à jour chaque vendredi, sans exception.

Le délai annoncé au devis, entre la validation et la mise à disposition, est resté sous 9 semaines pour 187 de ces pièces. Dix-neuf ont glissé au-delà de 12 semaines, surtout entre novembre 2022 et mars 2023, quand les approvisionnements en chêne massif sont devenus irréguliers et que les scieries du secteur ont allongé leurs propres délais ; une bibliothèque commandée en janvier 2023 par un client du quartier Berlioz, à Pau, est partie avec 21 jours de retard, ce que nous avons annoncé avant livraison et non après.

Sur ces 214 pièces, 31 sont revenues pour reprise dans l'année suivant la pose. Le motif le plus fréquent, 14 cas, était un jeu d'assemblage sur les portes de caisson au-delà de ce que le client attendait. Ces reprises ont été faites à l'atelier, sans facturation complémentaire. Elles ont coûté du temps : 6 à 11 jours d'immobilisation par pièce.

Deux commandes n'ont jamais été honorées. En 2022, un meuble bas en frêne destiné à un professionnel de Lescar a été arrêté faute d'accord sur le plan de débit ; le client a été remboursé intégralement. En 2024, un cadre sur mesure pour une galerie associative n'a pas pu être réalisé : le modèle de moulure choisi ne se reproduisait pas correctement, et nous l'avons écrit au client avant de commencer.

Ce que ces chiffres ne mesurent pas : le temps passé au téléphone, les allers-retours de plan, les visites chez le client.

Meubles livrés entre 2021 et 2024

Restauration de bois ancien : 2020-2023

La restauration représente environ un quart de l'activité. Entre 2020 et 2023, Laure Martin a recensé 96 dossiers portant sur des meubles, des portes intérieures et quelques objets domestiques ; le travail se fait sur pièce, jamais sur place, jamais sur le bâti d'un immeuble, et cette règle n'a pas bougé depuis l'ouverture.

Sur ces 96 dossiers, 71 ont abouti à une remise en état jugée conforme par le client au moment de la reprise, avec un délai moyen de 24 jours. Les écarts sont considérables : un petit meuble de rangement en noyer rendu en 11 jours, un vaisselier entier resté 7 mois à l'atelier parce que le placage était à refaire entièrement.

Vingt-deux dossiers ont été refusés, pour des raisons qui se répètent : bois trop dégradé pour tenir après nettoyage, traitements anciens que nous ne savons pas retirer sans risque, pièce relevant d'un autre métier. Un secrétaire du quartier Saint-Joseph, à Pau, a été refusé en 2021 parce que le bâti était attaqué par l'humidité et qu'une reprise n'aurait tenu qu'un temps.

Trois dossiers ont échoué après acceptation. En 2022, le placage d'un guéridon a gondolé 4 mois après la livraison ; le client a signalé le problème, nous avons repris la pièce une fois, le résultat n'était toujours pas stable, et nous avons arrêté là en rendant le solde. Un autre cas concernait une commode dont la teinte ne correspondait pas à l'échantillon validé sur photo.

Personne ici n'a le recul de dix ans sur toutes ces pièces.

Rendez-vous, devis et ce qui bloque

Thomas Thomas suit les rendez-vous. En 2024, 412 demandes ont été enregistrées, tous canaux confondus, et 268 ont donné lieu à un devis chiffré : le reste s'est arrêté avant, parce que le projet supposait une pose sur site, ou touchait à l'électricité, à la réfrigération, à un véhicule, ou à des traitements pesticides que nous ne pratiquons pas.

Sur les 268 devis, 149 ont été acceptés et 119 refusés ou restés sans réponse, soit un taux d'acceptation proche de 55 %, qui cache de gros écarts : les devis de moins de 900 euros passent presque toujours, ceux au-delà de 4 000 euros beaucoup moins, souvent parce que le client compare avec une offre de cuisine aménagée que nous ne proposons pas.

Le temps moyen entre le premier appel et l'envoi du devis est de 6 jours ouvrés. En septembre et octobre, il monte à 15 jours. Deux clients de 2024, l'un à Billère et l'autre à Idron, ont cité ce délai comme motif d'abandon.

Les samedis, de 9h00 à 13h00, l'atelier reçoit sur rendez-vous ; le dimanche, c'est fermé. Onze devis seulement ont été établis en 2024 sans voir la pièce, et la permanence téléphonique au 05 38 26 85 31 ne remplace pas une visite.

Ce que l'atelier ne fait pas, et pourquoi c'est écrit ici

Le refus n'est pas un principe commercial, c'est une limite de métier. Nous ne travaillons pas sur les véhicules, ni sur les réseaux électriques, ni sur les circuits de froid, ni sur le bâti d'un immeuble, et nous n'appliquons ni pesticide ni biocide : aucune de ces activités n'a été proposée depuis 2008, aucune ne le sera, et les 412 demandes de 2024 montrent que la question revient assez souvent pour qu'elle soit écrite noir sur blanc plutôt que répétée au téléphone.

Une entreprise de la rue Carnot, à deux cents mètres, nous oriente parfois des demandes de meubles libres. Nous orientons en retour.

Les tarifs ne figurent pas ici. Chaque devis part d'un relevé de dimensions et d'un choix de bois, et deux pièces de même fonction peuvent varier du simple au triple selon l'essence et les assemblages : un cadre en chêne de 40 × 50 cm et une bibliothèque de 2,40 m n'ont rien en commun.

Le refus n'est pas un principe commercial, c'est une limite de métier.

Anaïs Martin, Stock