Vingt-six voix pour, neuf abstentions
Le 29 septembre, le conseil municipal de Pau a adopté l’extinction nocturne de six rues du Hédas : rue du Château, rue des Cordeliers, rue du Moulin, rue de la Fontaine, rue du Hédas et passage de la Fontaine. Vingt-six voix pour, neuf abstentions.
La coupure court du 15 novembre au 15 mars, de 23h30 à 5h30. Elle ne s’applique pas les soirs de marché de Noël, ni pendant les crues. Le rapport promet 41 600 euros d’économie annuelle et 18 % de baisse sur le secteur, tandis que soixante-quatorze points lumineux s’éteignent, dont soixante et un candélabres de plus de vingt ans, sans qu’aucun budget de remplacement ne soit inscrit avant 2028, ce qui laisse deviner des rues sombres pendant au moins deux hivers complets, sauf revirement.
Les feux, les passages piétons et les caméras restent alimentés.
Les entrées d’ateliers, les cours et les zones de chargement, en revanche, ne sont mentionnées nulle part dans la délibération. Une réunion publique est fixée au 5 novembre, à la Maison de l’agriculture et de l’alimentation, 14 rue du Hédas.
Le transporteur passe à 6h10
Anaïs Martin assure le stock et les expéditions au 12 rue des Cordeliers.
« À 18 heures, je ferme l’établi. À 22 heures, je charge encore, parce que le transporteur passe tôt. Depuis l’annonce, j’ai acheté deux projecteurs sur batterie, 189 euros pièce, et je les recharge au bureau », dit-elle. Quatre locataires partagent le bâtiment : deux menuisiers, un relieur, un céramiste. Toutes les portes ouvrent sur la rue. Aucune cour n’est éclairée. La tournée Paloise Ouest, dont le dépôt se trouve à Idron, annonce un passage entre 6h10 et 6h40, en pleine coupure en novembre, et la société ne décalera pas ses horaires pour six rues : elle facturera un déplacement supplémentaire si le chargement n’est pas prêt.
Laure Martin tient l’administration. Elle a calculé 14 euros par chargement décalé, environ 250 euros par mois jusqu’en mars.
« Je ne demande pas d’argent. Je demande que la rue reste allumée jusqu’à 6h30. »
Deux poteaux supportent une ligne aérienne. Le gestionnaire de réseau a prévenu : pas d’élagage avant le printemps. Une branche de tilleul touche déjà le câble au-dessus du numéro 9.
Trente ateliers, un marché, une école
Le Hédas réunit une trentaine d’ateliers, deux garages, une école de musique et le marché du mercredi. La rue du Moulin descend vers le gave, la rue du Château monte vers le château.
Pau a déjà réduit l’éclairage avenue Jean-Biray et boulevard des Pyrénées dans le cadre d’un plan de sobriété lancé en 2024. Le 12 septembre, 62 personnes se sont réunies à la Maison de l’agriculture et de l’alimentation, où l’on a surtout parlé des trottoirs et de la vitesse, sans que la question de l’éclairage des ateliers soit réellement abordée, faute de chiffres disponibles à ce moment-là.
La chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques a publié une note sur la logistique des circuits courts : 38 % des livraisons de proximité se font avant 7 heures. Pau n’y figure pas.
Place de la Monnaie, à 300 mètres, deux bornes de recharge ont été installées en juin. Elles ne sont plus éclairées après 23h30, ce que deux riverains ont signalé le 12 septembre.
Neuf dossiers, deux projecteurs, une demande
Thomas Thomas suit les rendez-vous et les devis au 69 avenue Carnot.
Le local ouvre du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00, le samedi de 9h00 à 13h00, et reste fermé le dimanche. « Je ne peux pas déplacer un rendez-vous à 21 heures. En revanche, je peux expliquer à un client qu’un meuble restauré sort de l’atelier le lendemain matin, pas le soir », explique-t-il. Il compte neuf dossiers concernés d’ici mars.
Anaïs Martin prévoit de partir à 6 heures pour ouvrir avant le transporteur.
Elle a déposé une demande d’occupation du domaine public pour poser deux projecteurs sur pied entre le 15 novembre et le 15 mars, dossier en cours d’instruction. Laure Martin, de son côté, a écrit au service éclairage le 30 septembre et reçu une réponse le 2 octobre : aucune dérogation générale, mais la Ville recevra les ateliers le 5 novembre, ce qui laisse trois semaines aux trois ateliers de la rue des Cordeliers pour chiffrer précisément leurs surcoûts et préparer un dossier commun.
Elle a contacté un relieur et un céramiste pour mutualiser un projecteur. Les trois ateliers estiment l’hiver à 1 240 euros : batteries, projecteurs, rallonges, heures décalées.
Aucune subvention n’est annoncée.
Ce qui reste allumé
L’avenue Carnot, la rue Serviez et le boulevard des Pyrénées gardent leur éclairage.
Les bus Idelis desservent l’arrêt Hédas jusqu’à 21h40 en semaine ; le dernier passage du samedi est à 20h15. Le parking de la Monnaie reste ouvert, mais son éclairage intérieur ne dépend pas de la Ville. Les halls d’immeubles relèvent des copropriétés, qui n’ont pas reçu de consigne particulière et qui devront décider seules si elles renforcent leurs propres luminaires d’entrée.
Le 5 novembre, les ateliers viendront avec leurs chiffres. La Ville examinera les demandes de dérogation au cas par cas, sans s’engager.
Le 15 novembre, six rues s’éteignent.
Les ateliers, eux, s’équipent. Un hiver à la frontale.